30 mars 2009
Le blog du Brest City Group
Sur ce blog nous vous avons annoncé la naissance et le calendrier prévisionnel du Brest City Group.
Afin de permettre au plus grand nombre de profiter de ses travaux, le Brest City Group a créé son blog et nous vous invitons à le consulter et à y laisser vos commentaires.
http://www.brest-citygroup.eu/
Contre le « parler-mal », vive la princesse de Clèves !
La gazette d'@rrêt sur images, n° 65 nous rappelle que la culture aussi fait partie de notre patrimoine et peut s'avérer une arme dangereuse contre le populisme
Sur la tête de Sarkozy, commencent à pleuvoir des reproches d'un nouveau genre. On lui reproche de malmener la grammaire. De manger ses négations. Internet et chaînes d'information aidant, le stupéfiant relâchement de ses discours aux ouvriers apparaît au plus grand nombre. Sans parler de cette affaire de La princesse de Clèves, qui décidément ne passe pas : qui eût cru qu'un jour, la rebellion contre le pouvoir prendrait la forme d'une lecture publique de Mme de Lafayette ? Querelles de puristes, dérisoires face à la crise financière ? Nous ne le croyons pas, et l'orage de la crise n'éteint pas ces petites voix-là. Elles dessinent le tableau persistant d'une agression multiforme, inconsciente peut-être, contre le savoir lui-même, décrit par le pouvoir comme ringard et risible.
22 mars 2009
Pétition contre le bouclier fiscal
La France traverse la plus grave crise économique et sociale depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Loin de prendre la mesure de la situation, le gouvernement n’a toujours pas adopté le plan de relance dont notre pays a besoin.
Le bouclier fiscal adopté par la majorité UMP-Nouveau Centre dès le mois de juillet 2007 est une mesure profondément injuste qui accentue les inégalités en protégeant les plus fortunés des Français.
Injuste à son origine, le « paquet fiscal » est devenu absolument insupportable en cette période de crise économique et sociale qui frappe si durement la France. Tous les Français se sentent menacés, trop souvent même frappés, sauf quelques dizaines de milliers qui restent protégés. Le déficit budgétaire atteint plus de 100 milliards d'Euros et l'Etat français continue, avec son bouclier fiscal, à verser à quelques privilégiés des chèques d'une valeur moyenne supérieure à 33 000 euros. Le chômage explose et l’Etat français continue de subventionner les heures supplémentaires par rapport aux embauches.
La Grande-Bretagne ou les Etats-Unis ont décidé de faire contribuer les plus riches à la lutte contre la crise ; en France, l'UMP s'accroche désespérément à son « paquet fiscal » et s’enferre dans l’inaction.
C'est pourquoi nous demandons la suppression du « paquet fiscal », ce qui permettrait de dégager 15 milliards d’euros par an et de mener ainsi une vraie politique pour améliorer le quotidien des Françaises et des Français et sortir la France de la crise.
Les champs signalés par des astérisques sont obligatoires.
Pétition contre le bouclier fiscal
Le bouclier fiscal adopté par la majorité dès le mois de juillet 2007 est une mesure profondément injuste. Elle accentue les inégalités en protégeant les plus fortunés des français. Les socialistes s’y sont dès l’origine opposés et n’ont cessé, depuis, mois après mois d’en demander la suppression.
Cette mesure a été justifiée par l'objectif de faire revenir en France les « riches expatriés ». Elle s'est révélée totalement inefficace. En période de crise ce cadeau d'une valeur moyenne supérieure à 33 000 euros devient insupportable. La crise économique ouvre les yeux sur la nécessité de corriger profondément la politique fiscale, budgétaire et sociale adoptée aux lendemains de l’élection de Nicolas SARKOZY. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.
L e groupe socialiste à l’Assemblée nationale a déposé une proposition de loi visant à l’abrogation des principales mesures du paquet fiscal (notamment le bouclier fiscal et les dispositions favorisant les heures supplémentaires) et à l’adoption du véritable plan de relance proposé par les socialistes. Cette proposition de loi sera débattue à l’Assemblée Nationale le 30 avril prochain.
Le parti socialiste lance une grande pétition pour rassembler très largement les Françaises et les Français qui veulent exiger l’abrogation du paquet fiscal pour financer un véritable plan de relance.
21 mars 2009
Les artisans contre le statut d'auto-entrepreneur
Lors de la grande séance d’auto-publicité pour le statut d’auto-entrepreneur, le président de l’union des artisans (l’UPA), Pierre Martin a mis les pieds dans le plat en dénonçant une “distorsion de concurrence” et en expliquant que ce statut allait “développer une économie parallèle avec des acteurs peu ou pas qualifiés qui n’ont comme autre horizon qu’une retraite de misère “. Il a ajouté que “nombre de collègues ou patrons de TPE sont incités à se séparer de leurs collaborateurs en leur proposant ensuite de passer au statut d’auto-entrepreneur en leur promettant des contrats” ..
Pierre Martin a donc visiblement le franc parler des artisans qui sont les principaux entrepreneurs et créateurs d’entreprises du pays (quand le gouvernement se vante du nombre de créations d’entreprises, on devrait préciser ce que définit “création d’entreprise” et indiquer donc parmi les chiffres donnés le pourcentage d’ artisans ou de commerces … On verrait alors la création d’entreprise, au sens voulu par la communication gouvernementale, est faible en france et à quel point notre pays est un pays de petits commerces et d’artisans . Peut-être alors parlerait-on + d’eux et les aiderait-on mieux qu’ils ne le sont actuellement, ignorés dans les shows politiques d’énarques et de technocrates qui souvent en connaissent comme magasins que ceux qui appartiennent à des réseaux ou à de grandes entreprises ..).
Outre les limites et l’intérêt du statut même d’auto-entrepreneur, le président de l’Union des Artisans pointe du doigt des problèmes plus graves.
Il est en effet très facile et extrêmement tentant pour un patron de changer ses salariés en auto-entrepreneurs. Cela lui permet de passer ses charges fixes en charges variables et surtout de ne plus avoir à gérer l’incroyable paperasse que nécessite la gestion de salariés.
17 mars 2009
Le scandale des heures supplémentaires
Un mot pour vous informer qu'Alternatives Economiques a lancé une pétition contre les exonérations sociales et fiscales dont bénéficient les heures supplémentaires au détriment de l'emploi. Cette initiative est soutenue par l'hebdomadaire Marianne. Parmi les premiers signataires (voir ci-dessous) figurent les principaux dirigeants syndicaux du pays, de nombreux experts de l'emploi et du marché du travail ainsi que de nombreux acteurs de l'insertion par l'activité économique.
Si vous souhaitez soutenir cette initiative, la pétition peut être signée à l'adresse suivante : www.alternatives-economiques.fr/petition.
Et n'hésitez pas, bien sûr, à relayer cet appel autour de vous si vous le jugez pertinent...t,
Texte de la pétition :
Heures supplémentaires : il faut arrêter les frais
Au moment où la crise provoque une vive remontée du chômage, en particulier chez les jeunes, il faut revenir sur les exonérations sociales et fiscales accordées aux heures supplémentaires. En effet, dans le contexte actuel, l'emploi doit être la priorité absolue de l'action des pouvoirs publics. Or, les exonérations fiscales et sociales décidées en 2007 ne visaient qu'à accroître le nombre des heures supplémentaires effectuées par les salariés déjà en activité. Et, en dépit de la récession, le nombre des heures supplémentaires déclarées a en effet progressé de près de 40 millions entre le quatrième trimestre de 2007 et la même période de 2008, soit l'équivalent de 90 000 emplois à plein temps. Ces mesures contribuent donc manifestement à dissuader les entreprises qui en auraient la possibilité d'embaucher des jeunes ou des chômeurs alors que les quelques trois à quatre milliards d'euros qui leur ont été consacrés en 2008 pourraient avantageusement être mis au service de la création d'emplois. C'est pourquoi nous demandons au gouvernement et au parlement d'abroger sans délai les mesures défiscalisant les heures supplémentaires et les exonérant de cotisations sociales.
Parmi les premiers signataires :
> Michel Abhervé, acteur de l'insertion par l'activité économique ; Gérard Aschieri, secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU) ; Stéphane Beaud, sociologue ; Alain Caillé, sociologue ; Gilbert Cette, professeur d'économie ; Jacques Chemarin, dirigeant mutualiste ; François Chérèque, secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) ; Denis Clerc, économiste, fondateur d'Alternatives économiques ; Dominique Crepel, président de la Chambre régionale de l’économie sociale du Nord - Pas de Calais ; Jean-Baptiste De Foucauld, président de Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) ; Jacques Dughera, acteur de l'insertion par l'activité économique ; Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives Economiques ; Pierre Ferracci, président-directeur général du groupe Alpha ; Philippe Frémeaux, président-directeur général d'Alternatives Economiques ; Jacques Freyssinet, économiste ; Jean Gadrey, économiste ; Bernard Gazier, économiste ; le collectif Génération précaire ; Eric Heyer, économiste ; Florence Jany-Catrice, économiste ; Pierre Khalfa, porte-parole de l'Union syndicale Solidaires ; Nicole Maestracci, présidente de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS) ; Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière (FO) ; Jean-Paul Maréchal, économiste ; Joël Maurice, économiste ; Dominique Méda, sociologue ; Hervé Nathan, rédacteur en chef à Marianne ; Alain Olive, secrétaire général de l'Union nationale des syndicats autonomes (UNSA) ; Serge Paugam, sociologue ; Thomas Piketty, économiste ; Jean-Paul Raillard, directeur du cabinet Syndex ; Maurice Szafran, directeur de Marianne ; Bernard Thibault, secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT) ; Carole Tuchszirer, économiste ; Bernard Van Craeynest, secrétaire général de la Confédération française de l'encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC).
Si vous souhaitez soutenir notre initiative, la pétition peut être signée à l'adresse suivante :
Pour en savoir plus :
Le scandale des heures supplémentaires, par Denis Clerc
Pourquoi une pétition contre les heures supplémentaires exonérées, par Guillaume Duval
L'injustice ajoutée à la crise
Ce que les gens n’acceptent pas, c’est que le gouvernement ajoute l’injustice à la crise.
Laurent Fabius était l’invité de Serge Moati à ‘Ripostes’, dimanche 15 mars sur France 5. Il a abordé les grands sujets de l’actualité : l’OTAN, le G20, la crise économique et sociale.
« Si la politique extrêmement injuste du gouvernement ne change pas, je crains qu’il y ait au printemps -je dis bien "je crains’" parce que c’est un risque et personne ne peut le souhaiter - des mouvements profonds de révolte. Les gens peuvent comprendre qu’il y ait une crise internationale, mais ce qu’ils n’acceptent pas, c’est l’injustice de la politique du gouvernement. Ils ne l’acceptent pas et moi non plus. »
Mobilisons-nous ce 19 mars
LE JEUDI 19MARS 2009 D’abord protéger les salariés fragilisés par la crise : • En décourageant les licenciements boursiers ; • Obligation de reclasser dans l’emploi les salariés licenciés et réindustrialiser les sites abandonnés ; • Augmenter la durée et l’indemnisation du chômage. Ensuite soutenir l’investissement par : • la construction de 300 000 logements sociaux ; • un plan de modernisation de l’hôpital ; • la création d’un fonds de soutien aux PME pour l’automobile. Tout de suite : • Une aide de 500 euros pour 13 millions de personnes bénéficiaires de la Prime pour l’emploi et des minima sociaux ; • Une baisse de 1 % du taux de la TVA pour faire baisser les prix ; • Une hausse de 3 % du SMIC et la fin des exonérations des cotisations sociales dans les entreprises qui ne concluent pas d’accord sur les salaires ; • La revalorisation immédiate des allocations logement de 10 %. • de protéger les salariés et de relancer l’investissement
fede29@parti-socialiste.fr www.ps29.org
Fédération du Finistère du Parti Socialiste
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POUR VOUS, CONTRE LA CRISE, LES SOCIALISTES PROPOSENT :
• de relancer le pouvoir d’achat et la consommation.
Alors que notre pays traverse la crise la plus profonde depuis la Seconde guerre mondiale,
Sarkozy parle beaucoup mais ne propose aucune mesure efficace.
Pendant ce temps-là, le chômage explose et le pouvoir d’achat recule.
26 B, rue Aristide-Briand - 29000 QUIMPER
Tél. 02 98 53 20 22 - Fax 02 98 53 12 20 -
MOBILISEZ-VOUS
URGENT d’AGIR
Au sujet des auto-entrepreneurs
A la lecture de notre article sur les micro-entrepreneurs, notre camarade de Bayonne nous adresse un texte écrit en février qui éclaire, complète et renforce notre interrogation. Nous le présentons dans son intégralité et lui adressons nos plus vifs remerciements.
La fabuleuse invention des "auto entrepreneurs"
Dimanche 1er février 2009 par Marie-Christine Aragon
Le 1er chapitre du texte LME est consacré au statut de l’entrepreneur individuel, on pourrait croire que ce texte qui ressemble à un simple élargissement des mesures qui se succèdent depuis plusieurs années pour simplifier la situation administrative des micro- entrepreneurs est anodin et purement technique. En effet, il ne modifie pas radicalement le mode de calcul ou le montant des prélèvements des micro-entrepreneurs mais élargit la possibilité de les régler mensuellement sans régularisation ultérieure.
En quoi cette mesure mérite-t-elle le titre 1er de la loi de modernisation de l’économie et pourquoi est elle présentée comme innovante ?
Parce que :
Elle intègre une modification du calcul et du mode de paiement de l’impôt sur le revenu d’une catégorie de contribuables. Les travailleurs non-salariés au régime micro pourront s’acquitter de leur impôt sur le revenu par versement libératoire (art. 161-0 du CGI).
Elle dispense d’immatriculation, les personnes qui ont une activité indépendante à titre principal ou complémentaire avec un chiffre d’affaires ne dépassant pas la limite du régime micro entreprise. Cette réforme implique que ces personnes n’ont pas d’obligation formelle de contracter une assurance.
Elle élargit la protection du patrimoine personnel de l’entrepreneur individuel à tout bien foncier bâti ou non bâti non affecté à un usage professionnel grâce à une déclaration d’insaisissabilité.
Elle élargit la possibilité d’exercer une activité y compris commerciale et de recevoir des clients à son domicile (en rez-de-chaussée) sans modification du bail d’habitation.
Elle crée aussi l’effacement de la dette résultant de l’engagement que des personnes physiques en situation de surendettement ont donné de cautionner ou d’acquitter solidairement la dette d’un entrepreneur individuel ou d’une société.
On assiste à la création d’un nouveau sous-prolétariat et à la suppression progressive des règles de protection du consommateur.
Qu’est-ce, au juste, qu’un « micro-entrepreneur » ?
Il s’agit d’un indépendant dont le chiffre d’affaires encaissé (les recettes) durant l’année ne dépasse pas la limite de 32 000€ pour des prestations de services ou 76 300€ pour de ventes de biens. (32000€ et 80000€ à compter de 1/1/2009). Ces très petites entreprises « bénéficient » d’un mode de calcul très simplifié de leur bénéfice qui, comme pour tous les travailleurs indépendants, constitue le revenu imposable et assujetti aux cotisations sociales.
En effet, ce bénéfice est calculé en déduisant des recettes des charges évaluées forfaitairement. Exemple : un petit artisan réalise un montant de recettes annuel de 26000€, ses charges déductibles s’élèvent à 50%. Son revenu imposable et assujetti à cotisations sociales est de 13000€. Le pourcentage applicable est de 71% sur les ventes de biens, de 50% sur les services, et de 34% sur les activités libérales.
Le micro-entrepreneur n’est pas assujetti à la TVA
L’administration fiscale s’occupe de calculer l’abattement.
« Ce régime est simple » nous dit le dossier de presse, certes, mais, la simplification n’est pas un critère en soi et n’est pas toujours avantageuse. Selon le fonctionnement réel de la très petite entreprise, le pourcentage défini par l’administration fiscale peut correspondre à la réalité ou être totalement sous-estimé. Le micro-entrepreneur ne tenant qu’une comptabilité réduite à sa plus simple expression et ne bénéficiant pas de l’aide d’un professionnel peut se retrouver avec un revenu déclaré largement plus élevé que le revenu réellement perçu, sans même le savoir. En effet, si le petit artisan décrit dans l’exemple précédent, a en réalité 60% de charges, son revenu réel et son revenu imposable et assujetti à cotisations est de 13 % s’élève à 10 400 000 €.
« C’est un système simple, lisible et sans mauvaise surprise. D’autant qu’il permet d’être affilié à la sécurité sociale et de valider des trimestres pour sa retraite,… Avec des taux fiscaux et sociaux globaux réduits à 13 % (pour le commerce) et à 23 % (pour les services), le régime est incitatif pour l’auto entrepreneur ». Les taux de 13 % et de 23 % correspondent exactement aux actuels taux des cotisations sociales des micro-entrepreneurs appliqués sur les recettes :
Un commerçant a un taux de cotisations de 45% de son revenu. S’il est au régime micro, son revenu correspond à 29% de ses recettes : les cotisations sont donc de 45% de 29% des recettes, soit 13%.
Un prestataire de services a un taux de cotisations de 46% de son revenu avec une revenu « micro » de 50% de ses recettes, nous arrivons directement à 23%.
Mais ces taux incluent désormais une part d’impôt sur le revenu puisque le texte nous donne des taux d’imposition sur le revenu de 1% pour les commerçants, de 1,7% pour les prestataires de services et de 2,2% pour les professions libérales.
Nous assistons à un transfert des cotisations sociales vers les impôts. Or, une grande partie des micro-entrepreneurs avait un revenu insuffisant pour être imposables. Le prélèvement libératoire exclut la prise en compte de la situation familiale ou sociale du contribuable et la progressivité de l’impôt. Le versement libératoire de l’impôt ainsi calculé est pénalisant pour tous les contribuables les plus modestes (non imposables ou imposés à un taux inférieur à 5,5%). Le versement libératoire ne prend pas en compte le quotient familial et à revenu égal la famille monoparentale paiera le même montant que le couple avec enfants ou le célibataire. Le code général des impôts, dans son article 193, précise que « Le revenu imposable est pour le calcul de l’impôt sur le revenu divisé en un certain nombre de parts…, d’après la situation et les charges de famille du contribuable ». L’imposition de l’auto entrepreneur sortira donc du champ d’application du code général des impôts ou donnera-elle lieu à dérogation ? Autre nouveauté présentée, une fois de plus, comme un avantage important pour le micro-entrepreneur, la suppression du forfait minimum d’assurance maladie (calculé sur 40% du plafond de la Sécurité
Pour 2008, les 40% du plafond correspondent à 13 310 €, donc, le petit artisan de l’exemple ne serait pas couvert, aucune importance, il a réalisé une économie 142 €. Mais qu’il se rassure, le Régime Social des Indépendants lui conseille, si son revenu est insuffisant (ou s’il est bénéficiaire du RMI), de demander la CMU. Qu
C’est pour cette catégorie de personnes qu’avait été créé initialement le régime micro (avec des recettes limitées à 70 000 francs). Ce régime concernait alors la personne qui organisait des réunions Tupperware après sa journée de travail, ou toute autre petite activité destinée à arrondir les fins de mois.
Le salariat à temps plein était alors la situation la plus courante et le chômage était faible. Les petits boulots sont devenus, pour une part grandissante des travailleurs sans emploi, l’activité principale et le régime micro est arrivé sur le devant de la scène, s’est étoffé et a fini par remplacer l’ancien régime fiscal du forfait.
Parallèlement, les salaires à temps partiel et les bas salaires se sont développés et nombre de salariés sont maintenant obligés de cumuler plusieurs emplois ou plusieurs activités. Une partie des salariés pauvres ou des demandeurs d’emploi arrive à l’âge de la retraite sans avoir atteint le nombre d’années de cotisations (40, 41…) et sont obligés de travailler pour compléter une pension très insuffisante pour vivre.
Créer leur petite activité leur permettra de proposer leurs services à des particuliers ou à des employeurs sans leur « imposer » les contraintes du contrat de travail. Et la boucle est bouclée. Le régime de l’auto-entrepreneur permettra à l’ensemble de ces personnes d’exercer leur activité sans immatriculation (simple information au CFE), de payer cotisations et impôts par versement libératoire et de supprimer les contraintes et contrôles administratifs. En revanche, ces personnes qui jusqu’à présent, après immatriculation en bonne et due forme, ne payaient que des cotisations complémentaires à celles de leur revenu principal, seront dans le nouveau cadre, assujetties à la totalité.
Ces mesures peuvent avoir un intérêt individuel certain pour des personnes en grande difficulté qui ont besoin d’un revenu supplémentaire, car de nombreuses entreprises préfèreront confier du travail à un auto-entrepreneur payé « à la tâche » qu’embaucher un salarié. Le Medef s’ingénie à casser le salariat et ses droits collectifs pour en revenir par tout moyen à des loueurs de bras plus ou moins dissimulés…
16 mars 2009
UN STATUT QUI GENE : CELUI D'AUTO-ENTREPRENEUR
Le 13 mars, le Télégramme nous informe que le nouveau statut d'"auto-entrepreneur connaît un succès qui gêne".
Ce statut a été adopté par une loi qui date du mois de juin 2008. Pour faire simple, il permet à quiconque de se proclamer entrepreneur en faisant une simple déclaration par internet, sans déclaration au registre du commerce ou a registre des métiers.
L'auto-entrepreneur sera ensuite quitte à l'égard de toutes cotisations et impôts confondus en reversant à l'Etat environ 20% des sommes qu'il aura perçues et s'il ne gagne rien, il n'aura rien à payer.
A priori, on peut admettre que la simplicité du système et le coût faible des charges permettrait d'éradiquer le travail au noir.
Pourtant, je fais partie de ceux qui sont gênés par ce statut parce qu'il me semble que ce statut, à terme, va déréguler complètement le salariat et le monde de l’entreprise.
Imaginons une entreprise. Cette entreprise paie aujourd'hui, grosso modo :
. 19,60% de TVA
. 1/3 de la masse salariale au titre des cotisations salariales et patronales,
. la taxe professionnelle,
. l'impôt sur les bénéfices de l'entreprise,
. éventuellement, pour ses dirigeants, l'impôt sur les revenus
Comment cette entreprise sera-t-elle compétitive quand les auto-entrepreneurs n’auront que 20% de charges à payer ? Le chef d'entreprise aura intérêt à se déclarer lui-même sous le statut d'auto-entrepreneur maître d'oeuvre. S'il a des chantiers, il sous-traitera les travaux à d'autres auto-entrepreneurs spécialisés (maçons, plombiers, comptables, menuisiers, etc…). Tout ce petit monde sera payé directement par le client final qui, au total aura réduit sa facture de plus de moitié.
Nous serons donc tous des auto-entrepreneurs et nous nous présenterons le matin sur la place du marché, afin de proposer nos services à qui veut bien nous employer.
Histoire vraie :
Il y a peu de temps, j’ai rencontré un infirmier de l’hôpital, qui m'a dit qu'il allait compléter son plein temps de l'hôpital (32 heures), par une activité libérale de soins à domicile sous le régime d'auto-entrepreneur.
Les charges sociales lourdes (retraite, maladie), sont déjà payées par l’hôpital ! L'investissement est quasi nul.
Comment accepter un tel cumul d’emploi ? Il m’a répondu « On est tous pareils : ce que l’on veut, c’est gagner plus ».
Non Monsieur L’Infirmier : moi je ne souhaite pas gagner plus, si c’est au prix d’une dérégulation complète du salariat, de l’artisanat, du commerce, des services, de la solidarité.
Dites-moi, Monsieur L'Infirmier, qui a payé vos études ? L'Etat, sans doute. C'est la solidarité de vos anciens qui vous a permis d'être formé à ce métier.
Dites-moi, Monsieur L'Infirmier, qui paie vos actes ? La Sécurité Sociale, sans doute. C'est la solidarité de tous les salariés et des entreprises qui cotisent au tarif plein, qui permet aux malades de bénéficier de vos soins, ceux grâce auxquels vous voulez "gagner plus".
Fini les salaires, donc disparition des salariés, donc mort des syndicats, donc exit la solidarité, les écoles gratuites, la santé publique, les retraites, etc…
Nous entrons dans l'engrenage de la dissociété, le morcellement des relations sociales et citoyennes : chacun pour soi, tant pis pour les autres.
Non, ce n’est pas le succès de ce statut qui me gêne. Ce sont les risques que je crois deviner qui me font réagir aujourd'hui. Je m’étonne que les parlementaires et les sénateurs que nous avons élus pour nous représenter, aient voté ce texte sans état d'âme, sans alerter les syndicats, les petits entrepreneurs, les artisans, les commerçants et les salariés. Nous tous, donc.
Nos élus sont peut être partis en vacances, l'esprit léger, après avoir voté ce texte au mois de juin l'an dernier. Il est possible que les retombées de leur décision leur gâchent leurs prochaines vacances.
Une socialiste très inquiète.
