Relevé dans un texte de Républica, ce texte d'Olivier Cabanel nous rappelle quelques phrases fondatrices de la politique gouvernementale.

Un imprésident

par Olivier Cabanel

Un imprésident
Ne cherchez pas, ce mot n’existe pas
Je viens tout juste de l’inventer
Il faut le prendre dans le sens négatif
(comme in-connu)
Et il permet un amusant jeu de mot

Et c’est là tout le paradoxe : nous avons un président que tout le monde dit « hyperactif » mais s’agiter tout le temps n’est pas construire.

Cette critique radicale se doit d’être justifiée.

Avant le second tour, il avait prononcé un discours passionné dont on a peut être oublié les termes : « Vous voulez une France fraternelle, une France qui ne laisse personne au bord de la route, une France qui aide les plus fragiles, les personnes handicapées, les personnes âgées, les exclus », avait-il déclaré. Lien
Qu’en pensent les milliers de sans logis dont le nombre n’a pas changé depuis ? Lien

« Je vous propose une démocratie irréprochable » avait-il aussi dit.
Comment appeler alors le geste présidentiel qui s’est donné le pouvoir de licencier ceux qui lui déplaisent dans le paysage médiatique français, qui peut à tout moment destituer tout président de chaîne publique ?
Qu’en pense Patrick Poivre d’Arvor ? Lien
Qu’en pensent les juges d’instruction (lien) qu’il veut tout simplement supprimer : « Si je suis élu, je ne serais le Président d’aucun clan, d’aucun parti, d’aucune idéologie. »

Ah bon ?!
Comment qualifier ce qui s’est passé le 3 mars 2009 à Valence, ou il a invité 3000 militants UMP à lui faire une haie d’honneur, afin d’éviter de rencontrer la France de tous les partis, de tous les clans, de toutes les idéologies?

« Notre pays doit garder ses usines : contre les délocalisations, je mettrai en œuvre une politique industrielle en choisissant les secteurs stratégiques sur lesquels je veux concentrer mon effort.»
Que font les entreprises ? Lien

« Je n’augmenterai pas les impôts, mais au contraire, ferai tout pour les baisser. » Alors comment appeler la taxe carbone décidée par le chef de l’Etat ? Christine Lagarde elle-même dit qu’elle sera injuste. Lien

Restons dans l’écologie : « Je proposerai que les produits venant de pays qui ne respectent aucun engagement en matière écologique soient pénalisés. »
Comment expliquer dès alors, la prolifération des produits chinois chez nous, lesquels ont provoqué de graves accidents ? Lien
Sont-ils pénalisés ?
Bien au contraire.

« Je ferai en quelque sorte que l’euro devienne un outil de croissance, d’emploi et de puissance économique. »
Au moment de la crise qui frappe notre pays, cette phrase présidentielle sonne bizarrement.

« Je soutiendrai l’agriculture et l’industrie agro-alimentaire. »
Il faudrait voir ce que pensent les producteurs de lait, de cette autre promesse ? Lien

« Ceux qui ne paient pas d’impôts recevront une aide de l’état pour emprunter. »
Depuis mai 2007, ceux-ci attendent toujours.
Bien sûr, de nouvelles promesses arrivent, mais elles sont liées au grand emprunt national que veut lancer Sarkozy. Lien
Qui a encore envie d’y croire aujourd’hui ?

« Je ne laisserai aucun jeune dans l’oisiveté. Chacun devra avoir un emploi ou suivre une formation qualifiante. »
Qu’en pensent les jeunes des banlieues? Lien

Au sujet de la France-Afrique Sarkozy a déclaré : «Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés. »
Qu’en est-il aujourd’hui?

Au Niger, les Touaregs sont en guerre ouverte contre le petit caporal Tanja qui a pris le pouvoir là-bas, et contre AREVA. Lien
Ils contestent l’exploitation d’uranium, dont, affirment-ils, ils n’ont aucune retombée positive à attendre.
Qu’a fait la France (qui a besoin de cet uranium pour faire tourner nos centrales nucléaires) ?
Elle a envoyé des soldats pour soutenir le dictateur caporal.

Au Gabon, le fils Ali succède au père, il est élu à coups de bourrage d’urnes, et cette élection a un gros parfum de fraude, d’après les ONG sur place.
Que fait le Président Sarkozy ?
Il félicite chaudement le nouveau président de son élection. Lien
Dame, nous avons besoin du pétrole gabonais, et d’autres produits de première nécessité.

Pourtant la France sait qu’il existe un pacte de corruption dans lequel il est clairement écrit que pour chaque baril de pétrole vendu, 1 dollar US sera versé dans le compte personnel du président Gabonais.

Alors comme disait un vieil ami africain :
« quand la force occupe le chemin, l’opprimé entre dans la brousse avec son bon droit ».